Les nouveaux amis d'Indochine
Propos recueillis à Paris par THIERRY COLJON
L a présence exceptionnelle d'Indochine aux Ardentes a déjà fait couler beaucoup d'encre. Dour et Spa auraient également bien aimé avoir la bande à Nicola à leur programme.
ENTRETIEN
Surtout que jusqu'ici, seul le Forum de Liège a eu droit au concert de cette nouvelle tournée (sans tenir compte du show-case au Botanique), tournée qui passera par Forest-National les 15 et 16 décembre. A la sortie du disque Alice & June, nous avions rencontré, à Paris, Nicola Sirkis et Oli de Sat.
Nicola, vous avez travaillé avec de nombreux invités, à commencer par la chorale belge Scala que vous avez connue, rappelons-le, avant la vogue des « Choristes »...
Ce sont elles qui ont inventé le truc. C'est un peu dommage que leur maison de disques ait un peu raté le coche là-dessus. Elles sont sublimes. Avec Ghinzu, Hollywood Porn Stars, etc., c'est vraiment en Belgique que ça se passe en ce moment.
Indochine a beaucoup d'enfants, aujourd'hui, à commencer par AqME qui joue sur « Alice & June ».
AqME peut vraiment devenir un gros groupe de métal comme on n'en a jamais eu en France. Mais les autres, en short, honnêtement, c'est de la rock'n'roll inattitude, pour moi. Ils imitent Linkin Park, c'est tout. Par contre, il y a un respect de leur part vis-à-vis d'Indochine qui n'existait pas avant. Sauf en Belgique, qui a toujours été plus ouverte.
Avez-vous retrouvé, après le succès de « Paradize », la pression vécue à vos débuts ?
Non, cette pression est différente. On a dû se battre pour imposer auprès de notre firme de disques Wax ou Dancetaria. Ici, je n'avais déjà pas cette pression. Là, on se trouve entre Bénabar et Kyo, mais ils bossent à mort pour nous. Sortir d'un monstre comme Paradize n'est pas agréable, car on n'est plus outsider. Ma tristesse sera d'entendre certains dire qu'on se plante si on n'en vend que 500.000, après le million de Paradize. On a connu ça sur notre troisième album. Les médias, c'est ça aujourd'hui : des rendements. C'est fatigant.
Vous semblez davantage vous servir du groupe pour vous cacher, en quelque sorte...
Je les implique de plus en plus, effectivement, et puis, je suis tellement mauvais en talk-show. Je suis pétrifié de peur. Ardisson ou Baffie, qui sont très cultivés et talentueux, ça ne me dérange pas, mais Fogiel, bien. Me faire juger par un mec plus jeune que moi, je n'ai plus l'âge. Ce cirque-là ne m'intéresse plus. On fait dix fois plus de presse belge que française, proportionnellement. En France, on est devenus people. Je préfère faire France-Culture durant une heure.
Le clip d'« Alice & June » a été tourné à Bruxelles...
C'est un hasard. C'est la seule ville qui nous a donnés en quatre jours l'autorisation de fermer trois rues pour le tournage. On devait filmer à Prague, au départ.
Cette tournée est très longue...
Oui, ça fait trois ans maintenant qu'on n'en a plus fait et celle-ci est prévue jusqu'au printemps 2007. J'ai 46 ans, je ne me vois pas faire ça tout le temps. Je préfère ne pas y penser. Ça m'épuise un peu de voir toutes les dates complètes. J'aimerais mieux être chez moi. Ça demande tellement d'efforts... Je pense qu'il aurait été lâche d'arrêter après la « Paradize ». Après celle-ci, je ne sais pas...
Vous citez Cécile de France dans une chanson...
Oui, c'est personnel. Je n'en dirai pas plus. J'aime beaucoup cette actrice, vraiment beaucoup... Elle est incroyablement douée.
Oli de Sat, vous êtes dorénavant le coproducteur et cocompositeur d'Indochine...
La dernière tournée a permis à Nicola de plus nous faire confiance. Ça fait six ans que je le connais. Le nom Oli de Sat, ça vient du fait que j'ai fait la pochette du single « Satellite ». Quand j'ai appelé Nicola pour voir si ça lui plaisait, il m'identifiait comme Olivier, de « Satellite », puis Oli de Sat. Je sortais de la fac d'arts plastiques et comme j'avais réussi à avoir les coordonnées de Nicola, je lui ai envoyé ce projet. Qu'il a aimé. Après, j'ai commencé à lui envoyer des remixes d'Indochine que je faisais pour le plaisir. Il les a aimés et comme, à l'époque de Dancetaria, il cherchait une touche extérieure, il m'a appelé, m'a envoyé l'album, et puis voilà. Mais je me mêle encore du graphisme, des tee-shirts, tout ça...
Indochine sera aux « Ardentes » le dimanche 9 juillet, de 22 h 30 à 0 h 30.